© récit d'un couple de renards

Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 20:45
Nous, la renarde et le renard de Saint Ouen du Breuil, allons vous conter notre triste histoire.

Moi le renard j’habitais sur des terres le long d’une voie ferrée sur la commune de saint Ouen du breuil. Vers la fin décembre 2008, je m’étais accouplé avec une belle renarde et nous attendions l’arrivée future de nos renardeaux.
Tous les soirs, à la nuit tombée, je partais en quête de nourriture sur mon territoire, lequel faisait environ 150 hectares. J’y trouvais régulièrement des vers, des limaces, des campagnols, parfois même des animaux morts.
Je respectais les poulaillers et les élevages que les humains avaient sur mon secteur, de ce fait je n’avais pas trop de crainte à avoir « malgré l’ignoble piégeur du secteur », mais, une personne ayant autorité refuse toute forme de piégeage sur sa commune.
Ainsi, j’avais pris un peu de hardiesse avec les humains du secteur, dont un que je voyais régulièrement de jour comme nuit, ce dernier nous observait souvent avec ce qu'il appelait « une jumelle infrarouge » pour justement ne pas nous éblouir, ils nous inspiraient une grande confiance, car il se dévouait beaucoup pour nous venir en aide, ce qui s’était déjà produit deux fois, en 2006 sur un talus de la SNCF à Saint ouen du breuil et la seconde fois 2007 sur le GR 212 à Butot où l’hypocrite tueur d’animaux surnommer le vicieux y était présent, accompagné d’un déterreur, c’est sans doute ce même déterreur, je devrais dire « cette loque humaine » qui avait déposé en pleine nuit des renardeaux et renards massacrés devant le portail de notre ami, en signe de réprésaille et d'intimidation.
À chaque fois, des individus étaient venus à nos terriers pour tuer lâchement ma renarde et mes petits renardeaux, en utilisant un mode de chasse qu’ils appellent « déterrage » et qui est autorisée. Ces individus étant souvent sous l’emprise de pulsions barbares et sadiques, notre sauveur était toujours parvenu à faire partir ces délinquants de la nature. Malheureusement, embrocher une renarde vivante au font de son terrier et massacrer par la suite ses renardeaux atrocement, d’autres renards mâles l’ont vécu alors qu’ils rentraient au terrier avec de la nourriture et n’ont rien pu faire pour sauver leur famille devant l’acharnement dévastateur des escadrons de la mort.
Donc moi je vivais tranquillement ma vie de renard, cela jusqu’à la nuit du 10 février 2009.
Alors que je me trouvais sur un champ de blé pour y chasser, un véhicule s’est arrêté sur le chemin à une soixantaine de mètres de moi, je pense que cela devait être un Toyota land cruiser, ce qui est sûr ce n’était pas le Pajero de mon ami, bien qu’ils aient quasiment tous les deux la même couleur ! À cet instant j’y ai brièvement aperçu deux individus bizarres et soudainement j’ai été ébloui par une lumière intense, rapidement la lumière s’est éteinte pour se rallumer quelques secondes après, le temps que je réalise, un coup de feu a claqué et a résonné dans ma tête, aussitôt une brûlure est venue déchirer mon corps et j’ai senti une douleur intense, se qui a eu pour effet de me faire tomber et je n’ai pas pu me relever, l'arrière de mon corps étant comme paralyser. Alors, dans mes yeux brouillés qui regardaient pour la dernière fois la lune, j’ai aperçu et senti une forme humaine s’approcher de moi pour éventuellement me donner le coup de grâce, pour les dernières secondes qui me restait à vivre, je n’ai pu m’empêcher de penser à ma renarde et à nos futurs petits renardeaux que je ne connaitrais jamais.

Moi, la renarde j’ai tout vu alors que j’étais sur le fossé de la SNCF. Un véhicule y est venu faire demi-tour et ce dernier était bien un 4X4. Je m’étais caché dans la pénombre, mais j’ai bien distingué le conducteur.  Je n’oublierais jamais son regard glacial de tueur d’animaux, de plus ce dernier est de temps à autre accompagné dans ses sorties nocturnes par le vicieux, vous savez, ce fourbe dont mon ami vous avait déjà parlé dans  :  © la vie des renardeaux mise aux enchères sur un talus, dossier se trouvant dans : © les escadrons de la mort.
Alors, je confirme que mon renard a été tué et qu’un véhicule s’était bien arrêté sur le chemin. Je vais vous  expliquer leur pratique : quand ils détectent un renard, ils éteignent immédiatement le phare pour ne pas se faire repérer par la pauvre bête. Une fois le phare éteint, le renard écoute, immobile dans le noir. Pendant ce temps le tireur prend silencieusement appui sur la voiture en  direction de l'animal, sachant que le renard écoute, mais se trouvant dans le noir total il ne bouge pas. Quand il est prêt, le tireur tapote légèrement d’un doigt sur le toit de la voiture, signal du rallumage du phare par celui qui le tiens en main. Ensuite, il a deux ou trois secondes pour cadrer et tirer le renard. Mon renard a reçu la balle dans le train arrière. Ceci est pratiqué par des personnes appelées « Lieutenants de louveterie ».
Ensuite, le tireur d’animaux a enterré mon renard non sans avoir oublié de lui coupé la queue « avec la crise, les temps son dur pour tout le monde », mais surtout ce qui est ahurissant, c’est qu’il a été enfoui que sous quelques centimètres de terre et dans un champ qui va être tout prochainement ensemencé. Toi le tireur et celui qui t’accompagnait, vous vous être dit que la nuit tous les chats sont gris et que vous n’alliez pas mettre se « puant » dans ton beau 4X4, pourtant il existe une réglementation pour éliminer les cadavres des animaux sauvages.
Après le départ de ses individus, je suis allée renifler l’emplacement où le coup de feu est parti, cela sentait la poudre et sur ce chemin j’y ai rencontré un morceau de fer jaune, c’était la douille, du calibre 222 Rémington que le tireur avait laissé sur place, ne lui a ton pas appris à ramasser ses douilles ? Alors  qu’une forte odeur de mort régnait à cet endroit, moi la renarde, j’ai levé les yeux au ciel tout en haïssant ce tueur d’animaux. Comme je vous l’ai déjà dit, ces personnes qui viennent nous tuer la nuit en nous aveuglant avec de puissants phares s’appellent des lieutenants de louveterie. Ce sont des fonctionnaires bénévoles assermentés et ont des autorisations émanant de la préfecture pour nous tirer la nuit, cela en grande partie quand les gens dorment. Je trouve que tuer mes congénères de cette façon est d’une lâcheté répugnante.

Voici ce que m’a dit mon ami au creux de l’oreille sur la législation d’enfouissement d’animaux sauvages

« L’article L.226-3 du nouveau Code Rural précise que les propriétaires ou détenteurs de tous cadavres d'animaux (moins de 40 kg inclus) doivent confier ces derniers à un établissement agréé en vue de leur élimination par incinération ou co-incinération.
Concrètement, le renard étant un animal de moins de 40 kg, il doit être éliminé par incinération.
Il est donc, en principe, interdit d’enfouir les animaux de compagnie et les animaux sauvages.
Les conditions et les procédures d’enfouissement peuvent être prévues dans un arrêté préfectoral-type, lorsque celui-ci existe (l’arrêté préfectoral exige souvent qu’une autorisation préalable du maire soit requise pour procéder à un quelconque enfouissement).

« Justement le maire de cette commune n’a jamais été contacter par la préfecture, et n’a pas donné d’autorisation pour un quelconque enfouissement d’animaux.
Après renseignement pris à la préfecture de Rouen par une juriste, il n’existerait a priori, aucun document en ce sens ».
Article R.223-5 du nouveau Code rural :

« Les cadavres ou parties de cadavres des animaux morts ou abattus comme atteints de maladie contagieuse sont soit traités conformément aux prescriptions déterminées par un arrêté du ministre chargé de l'agriculture, soit transportés dans un établissement chargé du service public de l'équarrissage pour y être détruits. Dans le cas où aucun de ces moyens ne peut être employé, on a recours à la destruction par le feu ou à l'enfouissement. Un terrain situé à une distance d'au moins cent mètres des habitations et des cours d'eau et entouré d'une clôture suffisante pour en défendre l'accès aux animaux peut être réservé pour la destruction par le feu ou l'enfouissement. L'entrée de ce terrain est interdite à toutes personnes autres que celles à qui la garde en sera confiée ou qui procéderont aux opérations de l'enfouissement ou de l'incinération. Aucune récolte de fourrages ne pourra y être effectuée, les herbes poussant sur ce terrain seront brûlées sur place ».


Le terrain où a été enfoui mon renard va être cultivé prochainement, la loi existe pour tout le monde, les tireurs d’animaux sauvages, même assermentés, n’en sont pas dispensés.
Je pose une question, auriez-vous enfoui mon renard en plein jour vers 15 h dans ce même champ, non  je ne le pense pas, car vous auriez été à la vue de tout le monde, voilà la grande différence.
Alors si vous profitez du fait que les gens dorment pour passer inaperçus, pas pour tirer, mais pour autre chose, c’était sans compter sur moi, la renarde qui a tout vu et qui le fait savoir par le biais de notre ami.



Mon renard regardant son ami, peut-être voulait-il lui faire comprendre qu'il était inquiet d'une probable venue des tueurs sur son territoire, c’était vers le début décembre 2008.


Voici mon magnifique renard qu’ils ont tué et enfoui dans la nuit du 10 au 11 février 2009.


Emplacement où le tueur d’animaux sauvage a enfoui mon congénère.


Douille 222 Rémington restée sur le chemin après le tir, ne vous a-t-on pas appris à les ramasser ?


Mon renard enfoui sur un terrain qui va être prochainement ensemencé, notre ami a fait constater la réalité des faits par un OPJ.

Préparation du champ où a été enfoui mon renard, avant qu'il ne soit ensemencé


C’est avec sans doute des phares comparables à ce dernier qu’ils nous éblouissent la nuit pour nous tuer.


Conclusion :

Moi, la renarde, je vais terminer en vous disant que mon renard, mes congénères, ainsi qu’une grande partie de nos renardeaux sont et seront massacrés pour satisfaire un lobby que des homo sapiens appellent « CHASSE » et qui malheureusement tue aussi tous les ans près de 30 personnes.

Pourtant nous les renards, ne sommes-nous pas les alliés des agriculteurs « pas ceux qui nous tuent sur leur terre lâchement » non les autres, ceux-là, nous les débarrassons chaque année d’environ 6000 mulots et par renard, c’est pourtant quand même mieux que de vouloir empoissonner ces mêmes mulots.

Enfin, tout dernièrement, un soir et avant de me laisser aller chasser les mulots, mon ami m’a glissé dans l’oreille qu’il avait encore beaucoup de choses à dévoilés, et que rien ne l’empêchera de les publier sur son blog, même ci la vérité dérange...

La Renarde.

Ci-dessus, la renarde fixant son ami dans les yeux.

« Moi la renarde, je viens de m’apercevoir que le champ où a été enfoui mon renard dans la nuit du 10 au 11 février (il fut tué par un lieutenant de louveterie en pleine nuit) vient d’être ensemencé avec du maïs samedi 25 avril 2009. Pourtant, ne nous accuse-t-on pas d'avoir toutes sortes de maladies ? »


Publié dans : © récit d'un couple de renards
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