Mercredi 9 juillet 2008
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© Jean Marie et Anne Marie Hardouin 2008-2009. Toute reproduction interdite.
Cette année là, en avril comme tous les ans, nous nous sommes mis à la recherche d’un éventuel terrier de renardeaux, pour essayer de les photographier, mais surtout pour tenter de leur venir en
aide contre des individus peu scrupuleux qui viennent les massacrer. Le 10 avril 2007, nous avons enfin trouvé un terrier habité sur le GR 212 en Seine-Maritime entre Rouen et Dieppe, à partir de
ce jour, nous n’avons plus quitté ce terrier, en nous relayant AM et moi, ceci du matin avant le lever du jour jusqu’à la la nuit tombée.
Nous y avons observé quatre petits renardeaux qui chahutaient pendant de très longues heures, nous nous sommes donc placés à l’affût dans un champ de colza à environ 200 mètres de ces petites
boules de poils, ce qui est beaucoup, mais la puissance de nos jumelles nous permettaient de scruter leur moindre mouvement.
La tranquillité n’aura duré que cinq jours, car le 15 avril en début de matinée, deux individus sont venus pour repérer l’endroit. Je me suis donc rendu immédiatement vers eux et leur ai demandé le
motif de leur présence accompagnée d’un chien genre fox à cet endroit. C’est alors qu’un des deux personnages s’est approché de moi et m’a hurlé « moi je t’emmerde », en réponse je lui ai dit de ne
pas toucher au terrier de petits renardeaux, car ils se trouvaient pour moitié sur le GR 212, et ils sont partis. Le même jour vers 15 heures ces deux gaillards reviennent accompagnés de deux
autres acolytes (nous connaissons très bien l’identité de ces individus) avec des grilles pour boucher les sorties des terriers, et une grande bombe blanche pour, on le pense, les gazer ou
les enfumer. Il est bien évident que nous nous sommes interposés face à ces quatre loustics. Ces derniers nous ont dit de partir, je leur ai répondu qu’il n’en était pas question et que j’allais
filmer leurs actes odieux. Il est évident que ces échanges avaient un niveau sonore élevé, ce qui présente un intérêt pour la suite. Au bout d’une demi-heure, l’escadron de la mort a fini par
abandonner, et ils se sont retirés définitivement.
La renarde, étant sur le secteur ou à l’intérieur du terrier, a très vite compris qu’il y avait un grand danger et qu’il lui fallait déménager toute sa progéniture le plus rapidement possible. Nous
le pressentions, aussi n’avons-nous plus laissé une seule minute le terrier seul, en nous relayant à quatre (dont deux amis), les animaux pouvant être attaqués de nouveau par la bande de
tortionnaires. Comme nous l’avions prévu, la renarde est revenue en pleine nuit. Nous étions dissimulés à environ 150 mètres du terrier, il était environ une heure du matin. Nous l’avons observé
avec notre jumelle infrarouge de longue portée, elle est repartie avec les deux plus gros renardeaux. Ce n’est que la nuit suivante, vers deux heures du matin qu’elle est revenue chercher un par un
dans sa gueule les deux derniers qui étaient beaucoup plus petits. Nous avons pu observer ces deux derniers pendant la journée entière, avant que la mère ne les récupère. Ils paraissaient perdus,
désemparés, leur comportement n’était plus le même : pour preuve, ils restaient presque toute la journée dehors et dormaient même à l’extérieur du terrier. Nous avons pu les approcher en rampant
dans de l’herbe et des orties pour les photographier sans qu’ils nous voient et surtout sans les déranger (voir photo).
Conclusion et conseils pratiques.
Autre que les endroits privés, il est donc possible d’intervenir sans la crainte d’être inefficace. Mais dans la mesure où la mère déménage ses petits dans les deux jours, il est impératif de
monter une surveillance à l’affût à partir du lever du jour, et ce, jusqu’à la tombée de la nuit tout en se relayant à environ 150 mètres du terrier, et ce, jusqu’à ce qu’elle ait pu enlever ses
petits renardeaux. Si par malheur vous trouviez un terrier habité, que vous savez qu’il va être attaqué, et que pour des raisons diverses il ne vous était pas possible de le surveiller, il faudrait
alors faire partir la renarde et ses petits selon la procédure suivante : mettre du répulsif pour renard (voir le produit) c’est vendu dans des magasins de chasse, ou sur internet, donc ce produit
n’est pas prohibé, en mettre à l’extérieur et aux alentours du terrier, mais sans en abuser, pour ne pas perturber le flair très poussé de la renarde. Pour assurer la garde du terrier (être deux),
se munir de jumelles et d’infrarouge pour la nuit (voir photo), cette dernière n’est pas absolument nécessaire, mais peut vous permettre de constater le départ des animaux.
La distance minimum pour surveiller un terrier avant intervention des déterreurs : 200 mètres, après intervention sur les lieux des déterreurs : 150 mètres, mais toujours à l'affût, et par
deux.
N’oubliez pas de filmer et photographier l’ensemble de la scène, car ils se trouvent souvent en illégalité pour ce qui concerne les moyens employés : produits prohibés, tel que bombes pour les
gazer, chiffons imbibés d'un produit toxique, poison à l’intérieur des terriers ,etc., et souvent on finit les renardeaux d’un coup de talon, ou contre un arbre, c’est devant les caméras des
journalistes que vous devriez accomplir ses actes barbares messieurs, mais vous êtes trop lâches et trop dégonflés.
Renardeaux sur le
GR 212
Renardeaux
sur le talus du GR 212
Jumelle
infrarouge de longue portée (en vente libre)
répulsif pour renards (vente libre, prix environ 13€)
"Dénoncez le vice et la folie, encouragez le talent et la vertu". Tolstoï.